Paulette, une « mamie gâteaux » pas comme les autres.

20 Jan
   C’est lors d’un atelier d’écriture qu’est né le personnage de Paulette, mis en scène dans le film éponyme sorti sur nos écrans le 16 Janvier 2013. Une étudiante du réalisateur Jérôme Enrico s’est basée sur un fait divers réel afin de donner vie à cette mamie décapante. A la retraite, Paulette tente de joindre les deux bouts malgré une maigre pension. Un soir elle remarque un curieux trafic qui se trame juste en bas de sa cité HLM. Exaspérée de cumuler dettes sur dettes et de devoir faire les poubelles afin de s’en sortir, elle décide alors de se lancer dans la vente de cannabis.  En utilisant ses talents de cuisinière afin de combiner drogues et pâtisseries elle va ainsi se faire une véritable place dans ce milieu prohibé.
Paulette

Paulette, une mamie gâteaux pas comme les autres.

   Paulette, c’est avant tout un personnage qu’on aime détester par le biais de son cynisme et de son aversion pour les autres. Le réalisateur brosse, dans un premier temps le portrait d’une grand-mère aigrie incapable de se remettre de ses pertes. Tout d’abord celle de son époux, perdu le 11 Septembre 2011. Sa mort n’a pourtant rien à voir avec les attentats survenus aux Etats-Unis. C’est l’alcool qui a eu raison de lui. Puis il y a la perte de son restaurant qu’elle a dû céder à contrecœur à des acheteurs qui l’ont dénaturé en en faisant un restaurant asiatique. C’est cet événement qui est surement à l’origine de son racisme. Paulette ne supporte en effet personne. Même son petit-fils, Léo, sous prétexte que son père est noir. C’est pourtant lui qui va trouver par hasard la recette miracle de son nouveau commerce. Paradoxalement, le milieu de la drogue va lui permettre de combattre ses vieux démons. Le scénario va tenter tant bien que mal de nous montrer l’évolution de la relation entre Léo et sa grand-mère qui va finir par accepter son petit-fils.

   Outre cette grand-mère atypique, Jérôme Enrico tente de nous présenter une critique sociale visant les retraités. Car Paulette, c’est avant tout une femme ayant travaillé toute sa vie dans son restaurant pour finir obligée de fouiller minutieusement les invendus du marché afin de se concocter de quoi manger. On retrouve cette même galère à travers l’image de la cité HLM laissée à l’abandon avec ses ascenseurs, qui quand ils ne sont pas en panne, peinent à fonctionner. Ou encore à travers l’image du père Baptiste prêt à accepter l’argent que lui offre Paulette pour son Eglise alors qu’il sait pertinemment qu’il provient du trafic de drogue.

   Au final, on regrette que Jérôme Enrico n’ait pas vraiment su tirer parti du sujet épineux qu’est l’appauvrissement des retraités laissés-pour-compte. Une seule fois, il posera réellement la question sans jamais y répondre par le biais de son personnage principal : « Comment veux-tu faire avec six cents euros par mois ? ». Lui, qui s’inspire d’un fait pourtant réel, s’embarque dans une comédie prévisible. Aussi prévisible que le happy-end, dans lequel Paulette et sa bande de copines échappent à une lourde peine de prison afin d’ouvrir une pâtisserie pour toxicomanes en Hollande.

T.M.J

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