Cloud Atlas: quand la multiplicité des récits forme un tout.

19 Mar
   Adapté du best-seller éponyme de David Mitchell, Cloud Atlas est le projet ambitieux porté par trois réalisateurs : Lana et Andy Wachowski ainsi que Tom Tykwer. Le pari est-il alors réussi pour ce projet complexe sorti sur nos écrans le 13 Mars 2013 ?
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Cloud Atlas met en scène des êtres qui se croisent et se recroisent.

   Cloud Atlas s’étale sur cinq siècles pour mettre en scène le cycle de la vie. A travers plusieurs espaces temps, des personnes qui n’ont à priori rien à voir, se croisent et se recroisent dans des situations différentes. L’histoire entremêle six intrigues qui débutent avec un jeune notable américain prenant conscience de la perversité du système esclavagiste pour s’achever avec le monde dévasté de Zachry.

   Cloud Atlas est tout d’abord le fruit d’un projet ambitieux. Peut-être trop sur le plan narratif. Entremêler six intrigues différentes n’est en effet pas chose facile. Pendant les premières quarante-cinq minutes du film il faut dire que malgré la concentration et la bonne volonté pour intégrer le récit, on ne comprend pas grand-chose à l’histoire. Toutefois, si vous vous accrochez suffisamment, vous ne tarderez pas à être captivés par le récit.

Cloud Atlas film

Le clone Somni-451, à Neo Séoul en 2144.

   Six intrigues différentes. Voilà de quoi happer efficacement le spectateur pendant pratiquement trois heures de film. La contrainte narrative n’est pas le seul défi à relever pour les réalisateurs. Il y en a également un au plan technique. Plusieurs genres sont en effet revisités à la manière d’exercices de style. Celui de la science-fiction avec l’histoire du jeune clone qui entrainera la chute d’un régime aux méthodes amorales en 2144. La mise en scène du genre épistolaire à travers la romance entre Robert Frobisher, un jeune pianiste, et Rufus Sixsmith. Le polar au cœur des années 1970, avec la course pour la vérité de Luisa Rey. On retrouve une petite note d’humour avec le genre de la comédie et l’éditeur Timothy Cavendish contraint à mettre en place un plan d’évasion pour s’échapper d’une maison de retraite.

   Toutefois, au final le film nous marque par son unité. Comme le précise Andy Wachowski, « Il faut laisser tomber l’idée qu’il s’agit de six récits. Chacune des histoires et des époques agit sur les autres tout au long du film ». Au niveau de la réalisation, le montage crée à certains moments des parallèles entre différentes situations. La réunion qui voit naître le projet d’évasion de la maison de retraite est mise en miroir avec la scène où le clone Somni s’échappe, aidé d’Hae-Joo. Il en va de même pour le plan qui réunit Sixsmith et Robert Frobisher dans le même cadre. Les deux hommes se retrouvent de nouveau ensemble à l’image alors qu’ils sont dans deux espace-temps différents. Nous n’avons donc pas de doute quant à l’unité de l’histoire qui doit être perçue comme un ensemble. Il en va de même pour le thème musical du film qui se retrouve tout au long du récit. Il s’agit du sextuor Cloud Atlas qui sera la grande œuvre, méconnue dans le futur, de Frobisher. Elle sert à renforcer l’impression d’unité mais cette fois-ci sur le plan auditif.

CLOUD ATLAS

Robert Sixsmith et Robert Frobisher.

   Malgré une narration complexe, Cloud Atlas est un film à voir et à revoir absolument pour l’apprécier pleinement. C’est une véritable réflexion sur la nature et sur la condition humaine qui nous est portée à l’écran. Le film met en scène des êtres portés par le sentiment universel de l’amour, prêts à tout pour se battre pour une cause, que ce soit la chute d’un régime amoral ou la mise en échec d’un projet nucléaire.

T.M.J

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4 Réponses to “Cloud Atlas: quand la multiplicité des récits forme un tout.”

  1. metallic666 mars 21, 2013 à 7:04 #

    Merci pour ce résumé et cette analyse de Cloud Atlas.
    Pour l’avoir vu, j’ai adoré.
    Je pense qu’effectivement, il serait intéressant de le revoir plusieurs fois, car on ne peut pas capter tout dès le premier visionnage.
    J’ai fortement apprécié les émotions qui se dégageaient du film.
    D’ailleurs je pense que tous ceux qui ont lu Paul Coelho devraient y aller, car j’y ai retrouvé certaines similitudes, comme les destins liés, bien que dans ses livres, il ne l’exploite pas de la même manière.
    J’aimerais savoir une chose, as tu lu le livre, ou en as tu eu des commentaires, car bien souvent le livre est mieux que le film?
    Merci d’avance, je vais désormais lire tes critiques que je trouve pertinente.
    Cela me donnera certainement envie d’aller voir des films que je n’aurais pas vu sinon.

    • La Critique Du Dimanche mars 21, 2013 à 2:23 #

      Tout d’abord merci d’avoir pris le temps de me poster un petit commentaire!
      En ce qui concerne le livre non je ne l’ai pas lu (chose que j’ai regretté au premier visionnage du film car j’ai eu du mal à tout saisir au début!) mais ça sera chose faite d’ici peu de temps! Je suis aussi curieuse de voir comment ont été rédigées ces intrigues d’un point de vue littéraire, et si c’est une aussi belle réussite que pour le film.
      A très vite j’espère!

  2. metallic666 mars 21, 2013 à 7:46 #

    A reblogué ceci sur metallic666 and commented:
    Très bon article et très bon film

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