Asghar Farhadi manie subtilement les non-dits dans son dernier film, Le passé.

20 Mai
   Présenté en compétition lors de la 66ème édition du Festival de Cannes, Le passé d’Asghar Farhadi est sorti sur nos écrans le 17 Mai 2013. Après son film Une séparation, le cinéaste iranien revient avec ce drame familial porté par Bérénice Bejo, Tahar Rahim et Ali Mosaffa.
affiche le passé

Le passé, avec Bérénice Bejo, Tahar Rahim et Ali Mosaffa.

   Après quatre années de séparation, Ahmad retrouve Marie afin de mettre un terme à leur union en divorçant officiellement. Une fois arrivé chez son ex-compagne, il découvre qu’elle vit désormais avec un autre homme, Samir. De plus, ce dernier se retrouve au centre d’un conflit entre Marie et sa fille ainée, Lucie. Ahmad va alors tenter de les aider et il va ainsi découvrir que ce qui sème la discorde dans la famille est dû à un secret enfoui dans le passé.

   Avec son film Le passé, Farhadi traite plusieurs thématiques: le divorce, la relation qu’entretiennent les différents membres d’une famille et la discorde au sein de cette famille. Ici, on se rend rapidement compte que le conflit est surtout dû au manque de communication, à des non-dits et à des secrets. Le film pointe dès la première séquence ces éléments. Lors de son arrivée à l’aéroport, Ahmad se voit incapable de communiquer avec Marie car une vitre les sépare. Ils ne peuvent ni s’entendre, ni se comprendre. C’est sur ce modèle que s’articule tout le film de Farhadi. Il faudra s’armer de patience pour voir peu à peu s’estomper le mystère qui plane autour de ce fameux secret. En effet, le réalisateur prend le temps, un peu trop même, de placer le contexte familial et le mal être psychologique dont semble souffrir tous ses personnages.

le passé 1

Marie est une femme qui se cherche encore, prise entre deux hommes incarnant chacun le passé et le présent.

   Les langues vont alors se délier au fil de l’histoire, et nous nous rendons rapidement compte que Farhadi met en scène pas une mais des intrigues. Certaines vont être résolues, d’autres vont rester en suspens comme nous le montre le dernier plan du film. Durant un très long plan fixe, Samir tient la main de sa femme inconsciente, puis le film s’achève sur cette fin ouverte, nous laissant sortir de la salle de projection plein d’incertitude. Car il faut dire aussi que le réalisateur joue autant avec les émotions de ses protagonistes qu’avec les nôtres. Le tout est porté avec succès par le jeu des acteurs et particulièrement par celui de Bérénice Bejo qui est époustouflante dans son rôle de mère, de compagne, d’ex-compagne, bref de femme.

   Le passé est un film qui puise sa force non pas dans sa réalisation, qui parfois traine un peu en longueur et prend le risque de perdre l’attention de certains spectateurs, mais dans ses dialogues, ses non-dits et dans le jeu de ses acteurs, adultes comme enfants.

T.M.J

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